Précurseurs

Au-delà du bio, tendance forte de l’alimentaire
d’aujourd’hui et de demain

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En 2017, il représentait un chiffre d’affaires de 90 milliards d’euros dans le monde contre 11 milliards en 1999, d’après les données de la Fédération internationale de l’agriculture bio (Ifoam). 

Voilà plusieurs années que le bio est en plein essor dans l’univers de l’alimentation. Et la tendance va crescendo, au point que le marché du bio devrait dépasser la barre symbolique des 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

En France, le marché du bio pèse 9,7 milliards en 2018, en croissance de +15,7 % par rapport à 2017.
(source : Agence Bio)

Mais aujourd’hui les consommateurs en veulent davantage. La simple mention « bio » ne suffit plus à motiver l’achat d’un produit et on attend davantage d’engagements de la part des grandes marques comme des marques de distributeurs. L’augmentation des produits bio dans les rayons a en effet entraîné l’apparition de critères supplémentaires pour aller plus loin dans la réponse aux attentes des consommateurs qui se sentent de plus en plus concernés par les conséquences de leur alimentation sur la planète et la société. Alors pour se distinguer, les industriels multiplient les initiatives pour aller au-delà du bio.

Bien-être animal, éco-conception et proximité

Parmi les critères de plus en plus retenus se trouve le bien-être animal. Selon une étude Ifop, 92 % des Français considèrent que le respect du bien-être animal est important, voire très important pour 71 % des 18-24 ans. Or, 59 % de la population interrogée pense que la situation sur cette question est actuellement satisfaisante. Pour les autres, des progrès doivent être faits en priorité sur les porcs et volailles, qui arrivent en tête des animaux pour lesquels il faut améliorer le bien-être en priorité. Côté professionnels, cette exigence croissante est prise très au sérieux car elle se traduit déjà par une diminution de la consommation de viande chez 36 % des Français.

La problématique des emballages et procédés de fabrication fait également partie des préoccupations grandissantes des consommateurs. Alors emballages éco-conçus utilisant pas ou moins de plastique, des matières recyclées et recyclables, capsules compostables et biodégradables et procédés pour lutter contre le gaspillage alimentaire se développent.

Le Picoreur a mis au point de nouveaux emballages utilisant 70 % de plastique en moins que les précédents pour  emballer ses découpes de volailles.

Le Picoreur a mis au point de nouveaux emballages utilisant
70 % de plastique en moins que les précédents pour
emballer ses découpes de volailles.

Certains professionnels combinent même avec succès tous ces critères de préoccupations, comme par exemple Le Picoreur qui propose sa découpe de poulet fermier biologique dans un emballage écologique, contenant 70 % de plastique en moins par rapport à l’emballage utilisé auparavant. Même le carton de cet emballage provient de forêts gérées durablement. Quant au poulet, il est élevé en plein air et nourri au bio.

Dans un souci d’empreinte carbone et de solidarité avec la production locale, les consommateurs se tournent aussi davantage vers des produits mettant en avant la proximité. Y compris dans les centres urbains. « L’agriculture urbaine se développe et devient un levier de différenciation, avec une mise en avant du bénéfice de proximité et de solidarité », commente notamment Protéines XTC dans son Panorama mondial de l’Innovation 2019. Aux Etats-Unis, la marque Growing Roots (groupe Unilever) – qui propose des collations bio à base de plantes et de graines – soutient par exemple six fermes urbaines installées à New York.

Transparence des marques, traçabilité des produits

Bio, bien-être animal, éco-conception et proximité sont donc des critères de poids dans l’alimentaire d’aujourd’hui et de demain. Mais les consommateurs tendent à moins faire confiance aux industriels.

Un quart des Français n’ont pas confiance en la qualité des produits alimentaires et 70 % pensent que les entreprises ne sont pas respectueuses des consommateurs. 
(Etude Kantar TNS de janvier 2018)

Plus question de croire aveuglément les arguments marketing, désormais les consommateurs veulent des preuves.

L'objectif de Connecting Food est de rendre l'alimentation  plus transparente pour tous les acteurs de la chaîne alimentaire.

L'objectif de Connecting Food est de rendre l'alimentation
plus transparente pour tous les acteurs de la chaîne alimentaire.

C’est là que plusieurs innovations entrent en piste pour aider les marques à devenir plus transparentes. Comme par exemple la technologie blockchain qui a déjà bouleversé plusieurs autres secteurs. Le français Connecting Food développe notamment une telle solution, qui séduit déjà dans l’univers des fruits et légumes. Le principe : chaque lot de légumes s’accompagne d’un QR-code que le consommateur n’a qu’à scanner à l’aide de son smartphone pour accéder à de nombreuses informations. « Ce système garantit une transparence totale sur la traçabilité du produit », souligne Protéines XTC dans son Panorama mondial de l’Innovation 2019.

De son côté, UBI Solutions vient également de lancer une solution de traçabilité mais dans la filière « viande » cette fois, pour tout connaître « de l’éleveur jusqu’à l’assiette ». Pour l’instant testée sur des volailles via des producteurs volontaires, cette solution permet au consommateur d’accéder à toutes sortes d’informations en scannant simplement l’étiquette RFID située sur l’emballage. L’objectif, là encore : établir un lien de confiance avec le consommateur.

« Juste rémunération » des éleveurs et producteurs

Si les consommateurs ont pris conscience de l’impact de leur alimentation sur l’environnement, ils se sentent également concernés par les enjeux sociaux qui s’y rattachent. Et plus particulièrement par la question de la rémunération des éleveurs et producteurs.

Le lait "prospérité" d'Ingredia

Le lait "prospérité" d'Ingredia

« La "juste rémunération" est un levier de plus en plus utilisé par les marques. Pour elles, la solidarité passe aussi par la création de filières avec une production responsable, éthique et écologique. En Europe, la préférence nationale est de mise, en particulier dans la filière "lait" », analyse Protéines XTC. Pour son lait de pâturage « Bio engagé », Lactel s’est par exemple engagé à mieux rémunérer les éleveurs et respecter le bien-être animal en proposant un lait de vaches nourries sans OGM, collecté et conditionné en France. Les filières nationales se déclinent aussi dans la viande, les fruits ou les légumes. Idem chez Ingredia avec son lait « Prospérité » qui garantit le respect du bien-être animal ainsi qu’une juste rémunération aux éleveurs.

Le groupement Intermarché a de son côté lancé la gamme « les éleveurs vous disent merci » avec plusieurs produits mettant en avant une meilleure rémunération des éleveurs. Parmi les produits se trouvent du lait, des œufs, du beurre (doux et salé) et de la crème fraîche. Et dans une logique similaire – quoi que initiée non pas par la grande distribution mais par les consommateurs directement – est née la marque « C’est qui le patron ?! ». Une trentaine de produits sont aujourd’hui concernés, des produits laitiers à la viande en passant par le vin, la farine, les sauces ou encore certains légumes. Avec à chaque fois un but : respecter le cahier des charges établi par les consommateurs et assurer une juste rémunération aux producteurs qui jouent le jeu.

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