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Le Chef est une IA !

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Devons-nous laisser des robots liés à l’IA cuisiner pour nous ?

Lors de SIAL Paris 2018, le Future Lab permettait de se projeter dans l’alimentation en 2030. La journaliste Marie-Léty Burny interviewe Céline Laisney, Responsable du système de Veille Vigie alimentation chez AlimAvenir. Ce dernier est un cabinet de veille et de prospective sur l’ensemble du système alimentaire, qui s’interroge sur son lien avec toutes les grandes transformations digitales en cours.

Céline Laisney a travaillé avec le SIAL afin de présenter une étude sur l’intelligence artificielle (IA) appliquée à l’alimentation, deux univers opposés qui trouvent pourtant un terrain d’entente depuis plusieurs années. 

À la recherche du temps perdu : l’importance de gagner du temps grâce à l’IA et les robots

 

Des robots présents dans nos cuisines
Des robots présents dans nos cuisines

L'apparition des robots a l'essort de la cuisine de loisir. 

L’étude menée par le cabinet AlimAvenir montre que les Français aiment cuisiner : les émissions de cuisine et l’explosion des livres de recettes en sont la preuve. D’après une étude du site culinaire Marmiton.org sur les habitudes alimentaires des Français : ces derniers passeraient 17 minutes à préparer un repas en moyenne en semaine. Au fil des années, ce temps devient de plus en plus court, grâce à l’apparition de robots qui permettent de libérer les Hommes de la cuisine. De ce fait, c’est la cuisine de loisir qui s’impose.

L’arrivée de l’IA dans les foyers : la France en retard ?

Selon Céline Laisney : « Nous sommes peut-être à l’aube d’une révolution, d’un nouveau saut technologique, avec des robots couplés à l’IA ».  Cependant, la France semble encore récalcitrante. Cela peut paraître étonnant quand on sait qu’une enceinte liée à l’IA facilite grandement la cuisine : elle commande les ingrédients pour nous, réalise des associations, nous propose des recettes pas-à-pas, etc.

Des robots cuisiniers pour vous soulager

Ces projets d’appareils connectés et de robots aussi multitâches sont également portés par des startups hexagonales. Par exemple, la start-up EKIM a créé des robots baristas ou pizzaiolos. Plus largement, on remarque que les robots culinaires ont vocation à intervenir lors de tâches répétitives ou considérées comme dangereuses (manipulation du four, d’outils électriques de cuisine, de couteau, etc.).

Votre chef à votre service !

Dans le cadre de ses recherches de développement de l’IA et des robots, Sony a demandé à plusieurs chefs la réalisation de plats. Par simple observation, les robots liés à l’IA ont pu assimiler (en une fois) des gestes qui nous auraient pris des mois à maîtriser.

En plus de cuisiner, les robots sont capables d’inventer de nouvelles recettes. Le robot Chef Winston d’IBM, connu pour avoir battu des humains à un concours télévisé américain, étudie à l’échelle moléculaire les aromatiques, afin de multiplier les combinaisons.

Ce projet a été étudié et développé par la société FoodPairing, qui propose sur une carte virtuelle des associations mets et vins associés grâce à l’IA. En d’autres termes, les idées préconçues sont exclues : le robot est source de propositions et d’inventivité.

Est-ce que les robots et l’IA peuvent s’intégrer sans heurt à notre société ?

 

Les Asiatiques plus ouverts que les Européens et les Américains ?
Les robots plebiscités en Asie

60% des pays asiatiques se disent intéressés par l'IA et les robots. 

L’enquête menée en partenariat avec le BNS (Bureau of Nutritional Sciences) s’interroge sur l’acceptabilité des consommateurs à recourir à un assistant lié à l’IA pour les laisser cuisiner dans l’optique d’un coaching nutritionnel. Or, selon Céline Laisney : « Il faut malgré tout réfléchir à nos actes et s’ils peuvent créer un effet pervers, car malgré toutes ces innovations, des conséquences sont à prendre en compte ». 

Si 60% des pays asiatiques en général se disent intéressés par l’IA et les robots, seuls 18% de la population française se dit ouverte à l’idée, et 14% des Américains. Ces derniers résultats sont étonnants, car les États-Unis sont considérés comme le berceau de l’intelligence artificielle et de la création des robots connectés.

Les données personnelles : (éternel) sujet à débat ?

Une fois que vous êtes équipé d’un robot connecté lié à l’IA, ce dernier connaît tout de vos habitudes alimentaires et peut déduire qui vous êtes grâce à votre régime alimentaire.

Des questions sociales à l’éthique

 

Des scénarios prévisibles : une solution ou un risque ?

Lors de l’étude menée par AlimAvenir, des scénarios futuristes ont été imaginés, dont celui d’une révolution humaine contre les robots.

Employée de restauration rapide

5 million de personnes sont employées de restauration rapide aux Etats-Unis

Céline Laisney a découvert lors de ses recherches que les prémices de cette révolution a déjà été observée dans des casinos de Las Vegas. De nombreux robots sont présents, réalisant le métier de barman ou de femme de ménage, amenant à la protestation des employés.

Dans le futur, ce scénario pourrait se réaliser à plus grande échelle. Il ne faut pas oublier que 5 millions de personnes sont employées dans la restauration rapide aux États-Unis. Leur remplacement par des robots serait une situation dramatique et constituerait un élément de révolte quasi certain.

Cependant, le taux de turn-over étant élevé dans ces secteurs, à cause de la pénibilité et la précarité du travail, la robotisation et l’IA pourraient être une solution venant soutenir le travail, et non remplacer les hommes.

La conférence se conclue sur la question de la délégation des tâches et celle de la prise de décision qui sont à prendre en compte par les constructeurs et les distributeurs afin d’assurer la cohésion entre humain et machine.