Healthy snacking, la nouvelle norme

Healthy Snacking, la nouvelle norme ?

Publié le - mis à jour le

Cette conférence a eu pour but de questionner la notion du « Healthy Snacking » à travers trois points de vue et trois études différentes, pour mieux l’appréhender et cerner ce qui se cache derrière.

Première partie : intervention d’Estelle Petit

Qu’est-ce que le healthy snacking ou snacking sain ?

Selon Estelle Petit, de chez Nielsen, le healthy snacking c’est : « deux moments (…) forts [de la journée] : la pause de l’après-midi et l’apéritif ». Ce marché représente 8 milliards d’euros en France, soit 7,6% des biens de consommation en France avec 43% issus du marché de l’épicerie.

Ce marché se constitue de différents snackings : biscuits, barres de céréales, compotes, produits salés, etc. Malgré son nom, nous constatons que le healthy snacking ne signifie pas une prise d’éléments considérés comme sains, mais plutôt la prise d’en-cas.

Les barres de céréales et les compotes : le naturel est recherché !

Barre de céréales

Barres de céréales et compotes sont les snacking les plus sains.

L’un des principaux constats est que les barres de céréales et les compotes en gourdes sont les snackings les plus sains. En 2018, les consommateurs multiplient ces prises avec une hausse de 3%, surtout pour les barres de céréales naturelles et les fruits préparés. 

Les compotes ne sont pas en reste avec une augmentation de la demande. Celle-ci est due à des progrès : le bio, le sans sucre, ou encore le sans additif sont très recherchés par les consommateurs. De manière générale, le marché est impacté par la recherche accrue de produits naturels.

L’univers des apéritifs : sain ?

L’univers des apéritifs sains est un marché de 4 milliards d’euros en France, soit moitié moins que l’univers du snacking. Le marché des produits salés se divise en 4 catégories : les graines & fruits salés ; les tuiles ; les crackers et les extrudés.

Santé & innovation : l’enquête

À la question « Quels produits aimeriez-vous trouver en magasin ? », les interrogés répondent « naturels ». Ces propos sont à analyser avec précaution puisque chacun possède sa propre vision : sans additifs, plus de transparence des étiquettes, le retour à une alimentation fraîche, etc.  

Afin de répondre à cette demande, les produits bio se multiplient dans les rayons. Avec 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, sa forte croissance de plus de 23% ne représente malgré tout que 3,7% des achats totaux des Français.

 

Pascale Hebel – Healthy Snacking: the new standard?

 

Snacking : incompris de tous ?

« En termes d’appropriation culturelle en France, le mot snacking vient du marketing et la population y est un peu allergique. »

Cela est renforcé par notre modèle de consommation, basé sur la prise journalière de trois repas : le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. Cependant, d’après l’étude menée par le CREDOC, tous les Français, âges confondus, réalisent un apéritif et/ou un goûter par jour.

Des habitudes alimentaires générationnelles ou traditionnelles ?

Le fait est que le goûter est tendance et risque de devenir une habitude avec l’apparition de la nouvelle génération. Près de 48% des plus jeunes affirment prendre un snacking entre le déjeuner et le dîner, l’intégrant et le structurant comme un véritable repas.

D’un point de vue sociologique, la prise de snacking est marquée par l’absence de couvert et/ou le fait de manger debout. En effet, en plus du questionnaire, l’entreprise a fourni un carnet de consommation sur 9 mois. Dans ce dernier, les volontaires notaient leurs prises journalières d’aliments liquides ou solides. Sur l’ensemble des snacks : 31% sont des liquides et solides pris en même temps pour seulement 18% d’aliments solides. Les boissons chaudes, comme le café ou le thé, sont donc des snackings liquides répandus. À ce sujet, la France est l’un des pays européens où la consommation d’eau dépasse celle de boissons sucrées.

 

Nathalie Hutter-Lardeau : Pouvons-nous associer snacking et nutrition ?

 

Approche du snacking et de la nutrition : deux antinomies ?
Compote de pommes

Snacking: prise d'aliments en petite quantité de manière récurrente. 

Une chose est sure : le mot snacking est trop négatif en langue française pour être utilisé par les consommateurs hexagonaux. Aussi, il est préférable d’utiliser les mots d’« en-cas » ou de « prise sur le pouce » afin de se faire comprendre.

Cependant, le snacking n’est pas la même chose selon ses habitudes alimentaires et les raisons qui nous poussent à y recourir. C’est pourquoi, loin de l’associer à des catégories d’aliments, le snacking doit être considéré comme la prise d’aliments en petite quantité de manière récurrente dans la journée. 

Une étude a démontré les impacts négatifs du snacking sur la santé. Dans les foyers américains qui vivent avec le « frigo ouvert » (avec une prise moyenne de 10 aliments par jour), le corps ne comprend pas et stocke les graisses sans déclencher de sensation de satiété. À l’inverse, 2 prises quotidiennes sont insuffisantes et le corps va là aussi stocker, provoquant une sensation de fausse satiété et des effets négatifs tels qu’un manque en nutriments, en sucre ou encore en oligo-éléments.

La question de la nutrition

Les apports énergétiques sont au centre de la question. Un apport déséquilibré ou déstructuré est responsable de l’obésité ou de carences alimentaires. Comme nous l’explique Nathalie Hutter-Lardeau : « L’impact de ce snacking sur notre apport énergétique sera exponentiel lorsqu’on va choisir des produits avec une densité énergétique extrêmemt forte par rapport à des fruits ».

En définitive, on recommande la prise d’un snacking sain unique, plutôt que de multiples snackings dans la journée. En effet, un fruit accompagné de céréales permettrait d'atteindre un sentiment de satiété plus rapidement et d'éviter certaines addictions.