Emballages : comment les adapter à la nouvelle supply chain

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Les emballages doivent désormais s’adapter aux nouveaux modes de distribution, comme expliqué au cours de cette conférence Alter’Native Food de 2018.

Les emballages doivent-ils s'adapter aux nouveaux circuits de distribution ?

Les circuits de distribution changent en même temps que nos contextes sociaux, économiques et environnementaux évoluent. Cette conférence Alter’Native Food de 2018 explique en quoi les emballages doivent s’adapter à ces modifications.

Quelle a été l’évolution des modes de consommation ?

Les emballages ont acquis de plus en plus de fonctions dans le temps
Les emballages ont acquis de plus en plus de fonctions dans le temps

Aujourd’hui, nos modes de consommation changent et évoluent. Pendant des centaines d’années, les marchandises étaient placées dans des emballages recousus et réutilisés, impliquant des problèmes d’hygiène et de traçabilité. L’emballage avait alors déjà une valeur financière et était toujours recyclé.

L’évolution est tardive, puisqu’elle survient au XIXe siècle en accompagnant l’industrialisation, l’apparition des grands magasins et la vente par correspondance. Les fromages se sont retrouvés emballés dans une feuille d’étain, et les cagettes ont commencé à voir le jour. L’emballage s’est démocratisé en servant de support de communication, progressivement appelé « le vendeur silencieux », car il portait de l’information auparavant communiquée par le commerçant lui-même.

Il a par la suite acquis de plus en plus de fonctions, notamment celle d'informer. C’est au XXe siècle que l’évolution des modes de distribution fut la plus forte avec l’apparition du libre-service, des supermarchés, des caisses automatiques et du drive. Nos emballages sont aujourd’hui plus sûrs et disposent d’une réglementation environnementale et alimentaire drastique.

Paradoxalement, ils n’ont jamais fait aussi peur d’un point de vue de sécurité et en ce qui concerne les questions environnementales. L’emballage est omniprésent, mais a-t-on besoin d’un seul et même type pour répondre à tous ces modes de distribution ? Peut-on se contenter de rester comme jusqu’à présent avec un emballage envoyé à un supermarché, sur une plateforme de distribution ou expédié directement chez le consommateur ?

À quoi sert un emballage ?

L'emballage sert à contenir, protéger et communiquer
L'emballage sert à contenir, protéger et communiquer

L’emballage sert à contenir, protéger et communiquer. Mais pour chaque circuit de distribution, les emballages se doivent d’être compatibles. Il existe aujourd’hui des emballages actifs, des emballages intelligents, connectés, qui offrent de la traçabilité et de la sécurité. On peut constater l’émergence de solutions différentes selon les différents types de commerce : 

  • Commerce en ligne : la visibilité sur l’interface, l’emballage de regroupement ou d’expédition sont les priorités.
  • Commerce de proximité : les problématiques de transport, de poids, de volume et d’ergonomie sont primordiales.
  • Circuits courts et vente directe : l’objectif est de valoriser l’expérience du consommateur, d’expliquer l’absence de produits chimiques et de créer du lien avec le producteur.
  • Vrac : la traçabilité et la contamination sont les problèmes principaux.

Du packaging omnicanal aux emballages dédiés : quels besoins et quelles solutions ?

Le consommateur a aujourd’hui besoin de nouveauté: exemple d'Ocean Teabag
Le consommateur a aujourd’hui besoin de nouveauté: exemple d'Ocean Teabag

Le consommateur a aujourd’hui besoin de nouveauté, car il se lasse de plus en plus rapidement. Les marques ont la possibilité de miser sur des séries courtes afin de créer l’événement et de communiquer rapidement sur une histoire qui soit propre à l’entreprise ou qui puisse répondre à l’actualité. Cela est plus facile du point de vue des commerces en ligne que sur les chaînes de magasins.

Il est par ailleurs possible de pousser jusqu’à l’emballage hyper personnalisé afin de recréer du lien avec le client et de générer un effet de proximité avec la marque. Des technologies numériques le permettent aujourd’hui en imprimant sur tous les supports.

Pour réduire l’emballage, les équipementiers ont œuvré à minimiser le nombre de références de cartons d’expédition et les ont adaptés à des volumes précis. D’autres solutions permettent de redimensionner et de replier les cartons en vue de minimiser les volumes de transport. Il existe par ailleurs de plus en plus d’emballages verts ou bios.

Il existe également un besoin de réglementation et de traçabilité qui complexifie les emballages et densifie le volume d’informations qu’ils doivent fournir. Enfin, on peut évoquer les applications mobiles publiques ou professionnelles qui renvoient vers des liens web, les emballages et les étiquettes intelligentes. L’information est présentée simplement au consommateur sans compliquer le processus industriel.


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Les « drivers » de l’emballage de demain

La supply chain est aujourd’hui plus complexe et plus rapide, l’expérience consommateur est différente et les déchets invisibles représentent l’espace vide et gâché des emballages. Il existe un futur pour le packaging, qui est poussé par les éléments suivants :

  • Développement durable : l’espace gâché doit être éliminé et il importe de recycler nos ressources.
  • Communication instantanée : il faut penser à un système de certification pour vérifier la fiabilité de l’emballage et s’il est conforme à nos attentes.
  • Nouvelles technologies : des innovations telles que l’impression 3D ou la robotique facilitant le traitement de produits ont une influence grandissante sur l’emballage.
  • Prochaine crise financière : cette crise va avoir lieu, il faudra donc adapter les emballages aux nouveaux consommateurs qui en résulteront.
  • Changement climatique et augmentation de la population : l’être humain ne peut pas s’empêcher de respirer plus de trois minutes, de boire plus de trois jours et de manger plus de trois mois. Il faut donc produire des emballages qui répondent à ces besoins primaires en évitant d’utiliser des produits polluants, de l’eau ou ayant recours aux terres arables.
  • Législation : il importe de suivre ce qui se passe au niveau de la régulation et de faire entendre la voix de l’emballage pour éviter des interdictions futures.
  • Protectionnisme : nous nous dirigeons vers de plus en plus de circuits courts, il faut donc que l’alimentation et l’emballage évoluent dans ce sens.
  • Sécurité et transparence : la blockchain permet une traçabilité des produits de leur création jusqu’à leur arrivée dans l’assiette du consommateur. Cela doit permettre de contrôler l’origine du produit et de son packaging.
  • Social et emploi : faudra-t-il créer de nouveaux métiers et adapter l’employabilité des demandeurs d’emploi sur le marché du travail afin de s’adapter à nos nouvelles façons de produire et de consommer les aliments ?
  • Satisfaction client : commander un produit doit offrir une forme de gratification dans l’usage et la facilité d’ouverture de l’emballage.

Pour Jocelyne EHRET, Il n’existe pas « de mauvais ou de bon matériau, […] en revanche il existe bel et bien de mauvais et de bons emballages » sur lesquels les marques doivent travailler.


Intervenantes : Blandine LAGAIN, BREIZPACK et Jocelyne EHRET, THE RIGHT PACKAGING