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Algues, insectes, protéines végétales : quelles nouvelles sources de protéines pour nourrir le monde ?

Publié le - mis à jour le

Dans un monde en mutation croissante où les ressources s’épuisent, la conscience environnementale et la confiance sont essentielles pour les consommateurs. Le monde de l’agroalimentaire doit s’adapter, avec notamment la recherche de protéines alternatives.

Lors de SIAL Paris 2018, Céline Laisney, Responsable du système de veille Vigie alimentation et des publications d’AlimAvenir, est revenue sur ces différentes problématiques et a évoqué les innovations.

Des protéines alternatives pour demain : répondre à une demande croissante

 

Avec 9.8 milliards d’habitants prévus en 2050, la demande alimentaire devrait exploser. Cela implique de trouver des solutions alternatives, notamment en ce qui concerne les protéines.  

Parmi toutes les hypothèses évoquées pour notre futur agroalimentaire, le doublement de la production alimentaire semble la plus logique. Le phénomène de rattrapage qui touche les pays émergents interroge notre modèle de production. En effet, il va falloir produire plus de protéines, dans un contexte où les contraintes sont croissantes : l’exploitation de l’eau, les terres cultivables, l’élevage qui ne peut être doublé, etc.

Protéines alternatives : quelles innovations ?

 

« Une innovation qui n’est pas acceptée par le consommateur, ce n’est pas une innovation. Ça reste une invention. »

L’apparition de substituts alimentaires est déjà très courant, comme dans le secteur du lait. Aux Etats-Unis, 13% de substituts de lait sont présents dans les rayons du supermarché aux États-Unis contre 8% en France.

Des entreprises travaillent au développement de substituts à la viande (1% en France), avec une viande non animale qui imite son goût et sa texture afin de ne pas créer de rupture chez le consommateur. Cela est rendu possible grâce à d’énormes investissements, tels que ceux réalisés par la start-up Impossible Food, avec un demi-milliard de dollars de fonds levés pour des produits commercialisés dans la restauration rapide et dans les cantines aux États-Unis.

Les microalgues et les algues
Un bol d'algues
Un bol d'algues

Les algues présentent des qualités nutritionnelles importantes, avec une teneur en protéines entre 65 et 70%, ainsi qu’en vitamines, acides-aminés et minéraux. Cependant, ses qualités nutritionnelles ne sont pas égales à celles qu’on peut retrouver dans la viande.

Concernant la réaction des consommateurs face à ces nouveautés, Céline Laisney prend en compte des questions de rentabilité économique et/ ou d’impact environnemental. Chaque alternative est comparée à une réalité, afin d’établir l’impact positif ou non, ainsi que la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre de ces innovations.  

La question de comment les consommateurs perçoivent les protéines alternatives est centrale. À ce titre, une étude « Food 360° » a été menée par Kantar TNS sur les changements prêts à être réalisés par les consommateurs. Concernant les algues, les pays asiatiques sont ouverts à l’idée d’en consommer régulièrement. Cependant, même si 32% des Français en ont déjà mangé - pour seulement 3% qui en mangent régulièrement, il reste encore 31% à convaincre qui refusent de goûter.

Les insectes

Ce sujet est devenu très médiatique : qui ose aujourd’hui manger des insectes tous les jours ? Il est bon de rappeler que l’insecte est vendu sous forme de poudre, de farine et dans une quantité modeste dans le produit.

Les insectes

L'insecte est vendu sous forme de poudre, de farine et dans une quantité modeste du produit

Pourtant, la réaction des consommateurs varie encore une fois selon les pays. 2 milliards de personnes en mangent régulièrement (Thaïlande, Afrique...), alors que l’Europe reste sceptique à plus de 70%, avec encore 3% d’Européens qui ont testé mais qui refusent d’en manger à nouveau.

La viande in vitro

Une trentaine de start-ups dans le monde (États-Unis, Brésil, Japon, Pays-Bas, etc.), annonce la commercialisation de viande in vitro dans 2 à 3 ans. Cependant, la nouveauté fait encore peur, de nombreux pays parlent d’un « burger Frankenstein ». Quelques chiffres pour situer l’Hexagone : seulement 7% des Français se disent intéressés par ce type de protéines alternatives contre 43% en Chine. De plus, il ne faut pas oublier que son prix pourrait être un frein à cette innovation.

Notre réservoir de protéines : végétales et légumineuses

 

Nous connaissons déjà une grande consommation de fruits, légumes et végétaux de toutes sortes en France. À ce titre, de grands groupes développent des produits plus facilement acceptés. Tereos a développé un mélange de blé et de pois qui imite le goût du poulet ; la start-up Arian Co propose des alternatives légumineuses AOC, etc.

Une autre piste à exploiter : la protéine extraite de la rubisco, présente dans les déchets de la salade, qui permettrait de réduire les pertes et le gaspillage. Dans la logique « flexitarienne », il peut être bon d’adopter un régime avec des champignons pour assurer un apport nutritionnel suffisant.

La question pour notre futur reste la suivante : sous quelles formes allons-nous consommer ces innovations alimentaires ?